Kamel Amrane, Le vrai champion

« Seine Saint Denis Style »

Kamel est né le 23 avril 1974 en Seine Saint Denis, il a grandi à Saint Denis, et comme il aime le souligner avec son léger sourire  il est « un pur produit de Saint Denis ». Le quintuple champion de France des mi-lourds de boxe professionnelle est le fils d’Ali Amrane (Allah Yah Rmo) : « Un solide battant de courte taille qui s’est frotté aux meilleurs français et européens en poids moyens de l’époque : Charles Humez, Pierre langlois, Marcel Pigou, cet homme se battait avec des murs ! » a déclaré le comédien Dominique Zardi (R.I.P). Avec un tel père, Kamel était destiné à faire une belle carrière dans le noble art. Son père a tenté lui transmettre ce sport dès son plus jeunes âge mais son fils cadet n’a pas accroché à l’univers des gants et du sac de frappe. C’est à vingt ans qu’il a franchi par curiosité le seuil de la salle de Saint Denis, gérée par Albert Mauriac. Il a commencé à s’entraîner et tout s’est enchaîné Nous sommes en 1994 et Kamel qui a arrêté l’école très tôt et cherche à combler un manque il va trouver sa voix dans ce sport où il va atteindre les plus hauts niveaux. Albert Mauriac qui connaît le père Amrane s’occupe de lui « Il est devenu mon second papa ». Alors qu’il apprends la boxe et fait ses premiers entraînements de boxe, la gestuelle et la technique viennent automatiquement comme si il avait fait sa toute sa vie ! « J’aimais bien la confrontation, je sentais que ça venait en moi. J’ai vite appris et je progressais vite. On aurait dit que la boxe était quelque chose de naturel ».  Il ne sait pas que la boxe est en lui que c’est quelque chose d’inné. Il fait ses premières classes en amateur chez les mi-lourds avec 17 combats qu’il remporte pour la plupart par K.O. Il devient alors boxeur professionnel et va dominer pendant trois, quatre années la catégorie des mi-lourds. Son palmarès est explicite 38 victoires, dont 20 expéditives, 2 nuls et 6 revers. Le grand public ne connaît pas celui qu’on respecte et qu’on appelle « Le boxeur de Saint Denis » mais les plus grands noms du monde de la boxe dont Jean Claude Bouttier peut témoigner du talent du « jeune Amrane ». Sa boxe allie rapidité, technique et puissance. Ses adversaires en font les frais et il a remporté plus de la moitié de ses combats avant la limite. Kamel a été battu que 6 fois et uniquement aux points. Parmi ces revers, il y a celui face à Jean Marc Mormeck, par une décision discutable le 23 mai 1998. Mais Kamel ne cherche jamais d’excuses et va de l’avant. Il d’ailleurs est le seul boxeur français a avoir tenu en difficulté Jean Marc Mormeck. Le boxeur de Saint Denis n’a pas discuté la décision des juges et ses adversaires peuvent témoigner, même lors de ses victoires, il n’explose pas de joie par respect pour le perdant. Le boxeur a eu deux chances européennes, la première il a fait face au business de la boxe. Il a été en Italie et s’est débrouillé tout seul avec Franck Tiozzo, qui l’a connecté avec les italiens pour passer le péage des promoteurs et avoir une chance. Il a affronté haye Davis et il a gagné aux points mais les juges le déclare perdant « Je marquais des points, je pensai que c’était à la touche ; Je voulais faire la différence, et il fallait gagner par K.O » Kamel ne prends pas compte de cette défaite pensant qu’il aura une autre occasion mais il se replonge dans l’anonymat et à refaire ses classes parce que j’ai forcé le barrage. Il y a des codes chez les promoteurs et je ne les connaissaient pas. Et la deuxième chance Michel acariès me la donne. Je me retrouve face à Jackson Channet. Michel il se rend compte que Jackson Chanet est en plein boom. Il ne peut pas me mettre sur la touche. Il m’envoi affronter Stepe Drou pour éviter de me mettre face à sa nouveau boxeur, Jackson Chanet. Il a mis K.O tous ses adversaires et qui n’a jamais été touché par ses adversaires. Au 11eme round il était K.O debout mais il manquait le coup pour le finir. La décision s’est terminée aux points e j’ai perdu. Les premiers rounds t’as souffert et c’était très durs. Il était plus rgand que moi, il était anti boxe et gaucher. Tout à l’envers. Et j’ai pris quelques contres heureusement que j’étais solide et comme c’était une deuxième chance j’ai tout donné. Après ce combat Kamel est déçu et a continué à s’entraîner mais il n’a plus jamais eu de chance européenne. Il a tenté de tout recommencé.

Chair à boxeur

Kamel a  toujours dit oui en espérant qu’il voit ton talent et ta personnalité. J’avais refusé l’offre d’un promoteur car son offre était dérisoire. Il me donnait 5000 francs pour une ceinture européenne.

Des points en fer et un coeur en or…

L’une des particularités de Kamel c’est son humilité. Il est toujours là pour les autres et même pour moi. C’est d’ailleurs le premier nom que Fabrice Tiozzo a cité quand il a pris le micro après sa victoire de champion de monde en 2006 sur Silvio Branco. Le boxeur de Saint Denis a été son sparring Partenaire pendant sa préparation. Fabrice Tiozzo porte en haute estime Kamel et il n’est pas le seul, Cherifi, Laurent Boudouani. Les habitants de Saint Denis et les élus peuvent aussi citer les nombreuses actions qu’il a fait pour la communauté dionysienne. L’intégrité de Kamel vis à vis de son entraîneur de Saint Denis a peut être limité ses chances européennes « Je ne sais pas si c’est une erreur mais j’ai voulu rester sur Saint Denis avec l’entraîneur du club car nous avions une relation très forte »

Vole comme un papillon, pique comme une abeille…

En 2006, malgré  l’absence de chance européenne, Kamel a affronté Petkovic. Le client qui se présente face à Kamel sur le ring d’Hambourg n’est pas n’importe qui il est vice champion du monde des mi-lourds et fait très mal à ses adversaires. Il est aussi une star sur la scène internationale de la boxe et dans son pays, on peut trouver sur le net un morceau de rap dédié au boxeur (Why Do men Fight Petko Petkovic) Petkovic se lance pour piétiner Amrane mais le boxeur de Saint Denis bloque, esquive tous les coups de Petkovic et  remise par des uppercuts et des gauches droites. Ce soir là la foule est stupéfaite par la souplesse et la précision du français qui vole sur le ring comme un papillon et pique comme une abeille. Kamel enchaîne des séries de gauche droite et envoi des répliques qui détruise Petkovic. Il démontre que la boxe est son moyen d’expression et qu’il le maîtrise. Petkovic mord trois fois le tapis avant de rester définitivement au sol dans la neuvième reprise. Kamel livre ce soir là un de ses plus beaux combats, applaudi par une foule en hystérie devant sa prestation. Il boxera ensuite pour le championnat de France et laissera le titre à son challenger. Kamel attend une chance européenne qu’il ne laissera pas passer pour conclure une carrière saluée par les professionnels de ce sport.